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Sortir de sa grotte


Les saisons ont passées. Quant à moi j'ai drôlement changé. J'ai rallumé depuis mon ordinateur (il a d'ailleurs subi un sérieux nettoyage, les fichiers sont classés, toutes mes photos soigneusement triées et sauvegardées, tous mes motifs textiles sont archivés, certains de ces derniers sont d'ailleurs publiés sur ma boutique Spoonflower). Je ré-apprivoise avec détachement les réseaux sociaux, mon fil d'actualité a aussi été modifié, pour ne garder l'essentiel (c'est à dire de l'information pertinente en adéquation avec mes envies). Lorsque j'avais la boutique e-commerce, je faisais de la veille concurrentielle, ce qui sous-entend que je scrollais* plusieurs fois par jour pour examiner les offres de mes concurrents sur les réseaux sociaux, ça zou c'est fini aussi. Je peux dire que ça allège mon quotidien, et qu'en fait je suis totalement maintenant libre de commenter ou publier, il n'y a plus de pression ni d'obligation, je redevenue une personne lambda qui s'affranchit des "quand dira t-on".

Je sais que beaucoup d'entre vous se questionnent quant à la suite, c'est à dire si je vais (re)sortir des tissus, ou si je vais (re)dessiner ? Je répondrais à cette question avec trois petits points... Toutefois, j'ai exploré différentes techniques créatives en sous-marin depuis : la broderie (j'adore), le tissage et notamment le punch-needle (sorte de technique de tapisserie), le macramé (activité que j'ai également beaucoup aimé). On ne va pas se mentir, il s'agit là d'explorations manuelles, de passe-temps type loisir, pour se faire du bien et ça fait du bien (créer sans publier, juste pour soi, sans objectif de vendre, raaaa c'est aussi bon qu'un carambar).

Cette pause a le mérite très bénéfique de mieux se connaître et de visualiser ses limites : je suis introvertie, discrète et assez timide, alors se mettre en avant ou s'exposer à tout va sur les réseaux sociaux, c'est source de stress (je le savais ça avant mais bon, prise dans la folle aventure e-commerce, j'étais comme "coincée" pieds et mains liées). J'ai aussi découvert que je suis une créative pure et non une businesswoman, allier création et commerce digital, là encore ça grince pour l'équilibre mental, sans doute parce que je suis sans cesse dans le questionnement "que vont dire les gens" (en gros, si on fait un peu de psychologie freudienne, suis de nature complexée, raaaa il est où le deuxième carambar ?), non sérieux, je vais bien quand même.

Je n'allais pas non plus rester les bras ballants confinée chez moi. J'ai donc repris entre temps une activité salariée. J'ai remis les pieds dans une grosse industrie pharmaceutique, bien loin de la création de motifs à fleurs n'est ce pas ? J'ai (re)découvert le monde du travail, avec un chef tyrannique et flippé, des collègues adorables bien fatigués qui attendent la validation du saint rtt, les pauses café entre râles et rires, et puis une paye, qui tombe à la fin du mois, comme ça. Et puis, dernièrement une opportunité s'est présentée, j'exerce une profession sous le statut libéral (je garde mon indépendance chère à mes yeux), et donner de soi aux gens, finalement m'apporte beaucoup, c'est peut-être le retour de karma ça. Bing, l'inspiration revient au galop. Ce n'est pas bizarre ça ? Hé non. Arrêter de focaliser sur la création ou l'inspiration, ça revient comme par magie (c'est comme le lâcher-prise, ça vous parle ça ?). Non sans rentrer dans les détails, ce nouveau "statut social" me permet aujourd'hui d'aborder la création sous un autre angle : créer pour soi, à son image, à son rythme, sans contrainte financière, et peu importe la suite. J'en déduis aujourd'hui la création me colle à la peau (ouf je suis rassurée, ce n'est pas une simple lubie du dimanche, que j'ai toujours la tête en ébullition, que les idées sont là par paquet), reste à concilier les deux univers dans un quotidien chargé, ça c'est une autre histoire.

J'ai grandi, muri et progressé. Fermer ma boutique e-commerce, est non pas un échec mais une superbe expérience. Aux USA, si un jour tu ne t'es pas planté, il est dit que tu ne seras pas un grand et bon capitaine de bateau. Après avoir essuyé une grosse tempête, il parait que ça rend plus prudent, réaliste, patient, compréhensif, humble, rraaaa il est où le troisième Carambar ?


* scroller \skʁo.le\ intransitif 1er groupe (conjugaison)
(Anglicisme informatique) Faire défiler verticalement le contenu d'un document sur un écran d’ordinateur à l'aide de la molette d'une souris, d’un pavé tactile (touchpad, trackpad), mais également sur un écran tactile de téléphone portable ou de tablette à l’aide d’un doigt. Merci Wikipédia !



Je me suis baladée à la Grotte de Sainte-Baume en Provence - J'ai choisi de clôturer ce texte avec cette image assez symbolique "des marches à gravir" qui souligne bien les étapes délicates de la vie que nous devons tous traverser ^_^

Le temps

Ce mois de janvier dernier. Ce mois de mistral où j'ai tout envoyé balader.

Plus de connexion, c'est re-découvrir le temps. Le temps est long au début. C'est même étrange les premiers jours, je ne cours plus après le temps puisque j'ai maintenant le temps. Je n'ai plus cette tension permanente de publier quelque chose sur le net. Je m'ennuie et je tourne en rond avec encore la tentation d'allumer mon ordinateur, mais je me l'interdis. J'ai supprimé toutes les notifications sur mon téléphone, vous savez ces petites bulles d'informations qui clignotent joyeusement pour vous prévenir que quelqu'un commente un article ou aime votre dernière photo. Il y a alors ce sentiment désagréable qui surgit : ne plus exister ou ne plus être aimé(e). Je savais que j'allais devoir faire face à ça, l'oubli. Ce mot qui désigne le trou béant, silencieux, où il n'y a personne qui pense à toi. Le truc qui faisait que je brandissais le téléphone et ses applications à tout va, non non tout ça c'est bel et bien fini. Pour parachever le tout, j'ai volontairement supprimé mon business-compte instagram aux 4900 followers (certains diront que c'est une folie mais ça, je l'assume complètement) (et.. dernièrement ouvert un autre compte Instagram bien plus personnel, où je publie avec tact et envie).

Je re-découvre les livres, le rangement, les sorties, mes enfants, l'imagination, la sieste, le rien, le silence, les gens, les repas, mon bureau, le chat du voisin, la contemplation et la rêverie. Je prends maintenant le temps de réfléchir, de penser et d'agir. Avant, tout était urgence. Maintenant tout est presque serein, calme, et limpide. C'est même presque déstabilisant au début.

Je me retrouve face à moi-même. Sans miroir, sans like, sans clics, sans mails, sans notifications, rien. Je me dis qu'il va vite falloir rebondir, vite trouver quelque chose à proposer à mes gentils et fidèles followers. Je n'en ai plus envie en fait. J'ai épuisé toutes mes cartouches. J'ai fait le tour de la question, et l'impensable-innommable est là comme une évidence : je n'ai plus de créativité, mon inspiration, pschitt elle est partie comme elle est venue.

Et c'est là que tu maudis le virtuel. Et c'est la que la vraie vie prend toute sa valeur. Que l'essentiel est juste devant mes yeux : le luxe d'être soi.


Le mot Virtuel est un adjectif (qui peut être substantivé : le virtuel) utilisé pour désigner ce qui est seulement en puissance, sans effet actuel. Il s'emploie souvent pour signifier l'absence d'existence. (Source Wikipédia)

Le bouton off



Il y a neuf mois je fermais ma boutique e-commerce. C'était l'occasion de faire le point, sur mon aventure, sur ce que j'avais fait et sur ce que je souhaitais pour la suite. Parce que durant 5 années, j'ai utilisé, beaucoup utilisé, trop utilisé les réseaux sociaux, sans me douter au départ de quelles répercussions, ils allaient avoir sur ma personnalité et ma vie privée. C'est bien simple, pour bien vendre, il faut être très présent sur les réseaux sociaux, tels que Facebook et Instagram (je ne développerai pas Twitter, Pinterest et d'autres comme Snapchat, qui sont des outils bien distincts).

Plus je vendais, plus je publiais. Plus je publiais, plus je vendais. Je me suis retrouvée sans le savoir complètement addict à mon téléphone portable - mon ordinateur - le saint WIFI, emportée par la fièvre du business et des likes de mes gentils followers*. Je sentais qu'au fond de moi je passais beaucoup de temps sur les écrans, je savais que cette connexion permanente n'était finalement pas très saine, mais quand c'est un outil de travail "attends je publie et je réponds aux commentaires", personne n'osait contrecarrer cet impératif de connexion intempestive.

Le 15 janvier 2017 dernier, j'ai appuyé sur le bouton "off" de la boutique e-commerce, et ce fut un silence assourdissant. Cette décision (de cessation d'activité) mûrement réfléchie dont je ne détaillerai pas ici les raisons, a révélé de manière fracassante comment les réseaux sociaux avaient une emprise sur moi, ma famille, ma façon de vivre et d'être. Boum plus rien, plus de produits à vendre, plus de commandes, plus de photos à publier, mon téléphone est devenu étrangement silencieux. Je re-découvrais le plaisir de manger une biscotte trempée dans mon café sans dégainer le téléphone. Ce fut la révélation. Et la (re)découverte de la vraie vie. Ce qui inévitablement me fit prendre aussi d'autres décisions et adopter sans le vouloir un autre mode de vie. C'est ce que je tenterai d'écrire ici prochainement. Car au final, ce n'est que du positif, si si.

* follower : abonné d'une personne ou d'une marque sur un réseau social / source Wikipédia