Up-recycling avec des fleurs en tissu

Je suis complètement addict aux fleurs. Et il y a bien quelque chose qui vient se rajouter à ça, c’est « l’effet de texture » qui me passionne. Là, je suis partie sur le recyclage des chutes de tissus pour en faire des fleurs, le mix parfait entre le végétal et le relief, j’adore. Il a fallu que je travaille le rendu final pour obtenir un effet vintage, presque usé, en effilochant le tissu. Je crois que trouvé la suite de ces jolies fleurs.

Obtenir le label Oeko-Tex (part 1)

Lors de mon expérience en tant qu’éditeur de tissus, je me suis frottée non sans mal aux imprimeurs textiles. Aujourd’hui les consommateurs sont très regardants voire exigeants quant à la fabrication des produits qu’ils achètent. On surfe sur la tendance des produits propres et écolos, le must étant ceux faits en France. Lorsque j’ai débuté et mis les pieds dans la sphère nébuleuse de l’impression textile, au départ en petite quantité, je ne connaissais rien aux « cahiers des charges » et codes de bonne conduite (je vous vois sourire mais oui on est là dans l’univers industriel, pas dans le loisir imprimante du dimanche). Dans cet univers oh bien fermé (peu de références ou d’adresses sur le net), presque tout le monde se connait, et pourtant chaque imprimeur possède ses technicités et qualités, chacun travaillant différemment. Appelons un chat un chat, y a des professionnels propres et d’autres non. Mon post n’étant pas de faire polémique ni de pointer du doigt les fautifs.

Si vous souhaitez vous aussi faire imprimer vos tissus, retroussez vos manches et prenez votre téléphone en expliquant bien vos souhaits (on ne vous répondra pas par mail et obtenir des tarifs encore moins) : une impression pour le loisir ou mode vestimentaire, une impression en grosse quantité ou non, une impression pigmentaire ou réactive, et enfin des apprêts de finition ou non (soft touch, brillante etc.). Attention, certains imprimeurs demandent à ce que vous fournissiez le tissu « blanchi », à vous alors de faire expédier les gros rouleaux de tissus vierge (cette option est réservé aux gros éditeurs de tissus / je préférais travailler avec des imprimeurs ayant leur propres stocks, genre un pack tout compris, vous voyez ? … Votre liste de prétendants à l’impression se réduit alors comme peau de chagrin).

Une fois, votre projet défini, alors welcome à la négociation prix et surtout des délais. Il y a toutefois un point auquel j’étais un peu intransigeante, c’était le label Oeko-Tex. Le jour où j’ai reçu des prototypes en provenance d’Inde, où les tissus sentaient le pétrole à plein le nez une fois l’enveloppe ouverte, j’ai vite opté pour une impression, certes beaucoup plus chère, mais plus respectueuse pour notre environnement. Mais la certification Oeko-Tex, c’est quoi au juste?

Zou un peu d’information ! Le label Oeko-Tex est une certification apposée sur les produits bruts, semi-finis, ou finis, ainsi que pour tous les matériaux accessoires : fils, tissus bruts ou colorés, boutons, étiquettes, linge de maison, vêtements, articles de décoration etc. Pour cela, le produit en question passe une batterie de tests en laboratoire afin de déterminer sa composition exacte, et surtout de déceler s’il contient des substances nocives ou produits chimiques. Plus le produit en question sera en contact avec la peau, plus les exigences Oeko-Tex seront élevées. Il y a 4 classes de produits :

  • classe de produit 1 : articles pour bébés et enfants en bas âge (linge de lit, sous-vêtements etc.)
  • classe de produit 2 : en contact direct avec la peau (sous-vêtements par exemple, T-shirt)
  • classe de produit 3 : articles utilisés sans contact avec la peau (veste, manteau, pull etc.)
  • classe de produit 4 : matériaux d’équipement (nappe, rideau, housse de canapé etc.)

Si vous fabriquez une collection de gigoteuses pour bébés, attendez-vous à faire évaluer les tissus qui la compose, la fermeture éclair, les boutons, l’intérieur en ouate polyester pour le gonflant, le fil à couture etc. (la facture d’audit sera dans ce cas plus élevée que pour un test sur du tissu simple) (sic !).

Mais alors que cherche t-on dans le laboratoire ? On cherche des substances nocives, la petite bête noire. La liste est effroyablement longue, dès lors qu’on met le nez dans les composants chimiques, parfois nécessaires pour que notre garde-robe dure et résiste. Histoire de se cultiver un peu et de se faire peur,  on cherche, on examine et on mesure des noms barbares quasi imprononçables :

  • le taux de pH
  • formaldéhyde (dérivé du formol, un gaz)
  • métaux lourds (comme l’arsenic, plomb, cadmium, chrome nickel, cuivre etc.)
  • les phénols chlorés, les phthalates
  • les résidus chimiques, les benzènes, les colorants, les hydrocarbures, les solvants, pesticides etc.

 

Reprendre la plume

Découvrir que monsieur Adobe vient de mettre à jour mon logiciel favori Illustrator, apercevoir de chouettes nouveautés au passage, et l’envie soudaine de mettre à jour un motif que j’aime beaucoup nommé « Mimolette » : de grosses fleurs, au style bien trempé, vintage sur les bords, bref celui-là, je l’aime d’amour. Sa version initiale en bleu marine transformée en rose nude, ce sera un bon début. Surtout quand on reprend du service. Genre le syndrome de la feuille blanche, je fais quoi là maintenant. Je vous rassure, je suis toujours là, et croyez-le ou pas, le motif textile n’est pas prêt de s’en aller comme ça. J’y pense tout les jours, j’imagine de nouveaux dessins régulièrement même quand je prends mon bain (sic!), et furtivement, discrètement, délicatement, je ré-apprivoise la bête Illustrator. Toujours pour le plaisir des yeux. Se rassurer, se dire que la passion est là, que l’envie de créer est intacte, que déjà ça me démange de vous montrer la suite.

Au loin il y a

Intérieurement, j’ai pris une décision. Je « sais » que c’est la bonne décision. Petite voix intérieure, cette fois-ci je t’ai écoutée et prise en considération. Quand je regarde l’horizon, je me surprends à rêver. Encore. C’est bon signe de rêver. J’ai longtemps maudit ce grain de sable qui est venu rayer le disque de mon aventure, cette échappée belle dans l’univers de l’impression textile. J’y croyais dur comme fer, j’ai gravi les montagnes en serrant les dents, ai persisté à créer, imaginer et concevoir des imprimés textiles,  avec toujours sincérité, transparence et émotion. Il y a eu des moments vaches et subtiles, des glissades, des joies intenses, des rencontres, des gens extraordinaires, des mises au points, des déceptions, mon dieu que j’ai grandi au final. La vie nous transporte, nous emmène, et nous met parfois sur un chemin rocailleux, pour nous rappeler, que rien n’est acquis. Fermer une porte, tourner la page, c’est découvrir un autre chapitre. D’ailleurs dame nature me montre, là, que rien n’est immuable ni figé. Cette décision, je la sais délicate, mais essentielle. Il aura fallu le déclic et le courage pour appuyer sur le bouton off. Je l’ai fait. Etrangement je me sens presque délivrée car je sais que la suite sera mieux et je me dis que la vie est vraiment une chance.

Boro Stitching

A la recherche de tutoriels sur le patchwork, je suis tombée sur une méthode ancestrale japonaise : le Boro Sashiko, (qui consistait à l’époque à repriser des vêtements en coton et de couleur denim), est en fait une technique particulière de points réguliers en forme de grain de riz. Source d’inspiration, cette forme de broderie m’a donné envie de réaliser des petits dessous de tasses à café. Que cela tienne, j’ai pris quelques coupons de tissus, puis assemblé les uns aux autres pour former un carré et zou, on « matelasse » en prenant bien le tissu du dessus avec la couche de molleton fin,  ressemblant au patchwork. Donner une deuxième vie aux chutes de tissu, comme on dit « up-recycling fabric », en voilà une bien chouette alternative, c’est presque addictif, tout comme le café.

C’est dimanche

On mène une vie de dingue. C’est la course, la compétition. On finit parfois par s’oublier, méprendre les valeurs, et perdre l’essentiel. Je suis passée par là. Un jour tu te réveilles comme un matin de nuit blanche. Une envie irrépressible de se re-centrer, de se poser quelques instants, et d’écouter. C’est comme quitte ou double, ça passe ou ça casse. Dans cette folle poursuite du temps, à celui qui s’éleva le plus vite dans les rangs, celui qui aura l’objet high-tech dernier cri et celui qui arbora ses conquêtes et acquisitions immatérielles, j’avoue que je ne me reconnais plus. Genre partir au fin fond d’une communauté Mormont, non, mais je souhaite juste renouer un peu avec la simplicité et une touche d’authenticité. Alors je prends dorénavant le temps. Le temps de savourer. Le temps de parler. Le temps d’avancer. Le temps de coudre par exemple des petites choses, en lien avec la décoration de la maison, avec des tissus piochés au fond de l’armoire, ces tissus amassés durant ma période consumériste.

«On dit que le temps change les choses, mais en fait le temps ne fait que passer et nous devons changer les choses nous-mêmes» – Andy Warhol

Au commencement

Crédit photo : Redd Angelo / Unsplash

Vraiment pas facile d’écrire le premier post de ce blog. Comment vous dire… J’avais envie depuis belle lurette d’un espace rien qu’à moi, un univers personnel sans contrainte, à l’image de ma personnalité. Un lieu presque intimiste. J’avais accumulé depuis quelques temps de magnifiques tissus, découvert des matières nobles, aux motifs textiles parfois singuliers, récupéré de chouettes tissus vintage, et ça me démangeait de les mettre en vie, de les travailler. J’avais envie d’un truc super égoïste, un blog personnel, un peu comme une tablette de chocolat blanc dévorée sauvagement à l’abri des regards. Dévoiler des parcelles de vie, écrire un journal, et puis se (re)centrer sur soi-même, avec des petites choses futiles, qui font plaisir, et procurent un bonheur fugace comme on dit. C’est chose faite.

 Crédit photo : Christine Coley / Unsplash